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Clôture & mur7 min de lecture

Clôture, mur, portail Wallonie : permis ou pas ? (2026)

Haie, grillage, palissade, mur de clôture, portail : les conditions de dispense de permis en Wallonie selon le CoDT 2026, hauteurs et pièges à éviter.

Équipe éditoriale
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Basé sur le CoDT wallon v.49.1 (octobre 2026)

Poser une clôture, ériger un mur ou installer un portail semble anodin — pourtant, en Wallonie, ces travaux sont encadrés par le CoDT et peuvent nécessiter un permis d'urbanisme si certaines conditions ne sont pas remplies. La rubrique M de la nomenclature R.IV.1-1 (« Clôtures, murs de clôtures, murs de soutènement qui délimitent la propriété ») distingue plusieurs types de clôtures et fixe des seuils précis de hauteur, de matériaux et d'implantation. Voici le guide complet pour savoir si votre projet de clôture est dispensé de permis, basé sur la nomenclature issue de l'arrêté du 10 avril 2025 (en vigueur au 1er mai 2025).

Votre cas précis

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La clôture dans le CoDT wallon : rubrique M

La rubrique M de R.IV.1-1 traite notamment les clôtures délimitant la propriété, les portails et les murs. M.1 et M.2 ouvrent des voies distinctes d'exonération de permis ; M.3 couvre les clôtures et accès qui ne remplissent pas leurs conditions. Les murs de soutènement et murs de clôture doivent aussi être examinés au regard de M.4 et M.5. Les écrans ne délimitant pas la propriété peuvent relever d'autres rubriques : ne classez pas tout ouvrage dans M sur son seul nom.

Conditions pour une clôture sans permis (rubriques M.1 et M.2)

Il faut distinguer deux voies d'exonération, et non cumuler indistinctement les conditions de M.1 et M.2. Vérifiez ensuite les autres règles et autorisations applicables :

  • M.1 : examiner le type précis de clôture. Le plafond général de deux mètres n'efface pas les limites propres à certains matériaux
  • Palissade en bois sous M.1 c) : hauteur maximale d'un mètre. Pour les gabions, vérifier également la hauteur maximale d'un mètre et l'épaisseur maximale de vingt centimètres prévues par M.1
  • M.2 : clôture de deux mètres maximum, non visible depuis la voirie OU située à l'arrière d'un bâtiment ; cette voie est distincte de M.1
  • M.1 et M.2 : vérifier l'absence d'aléa élevé sur la zone des actes et travaux, selon la définition réglementaire
  • Si les conditions de M.1 ou M.2 ne sont pas établies, examiner M.3 ; les murs demandent aussi l'examen de M.4/M.5 selon leur nature et leur situation
  • Vérifier séparément les prescriptions applicables, le domaine public, la visibilité des accès, les servitudes et les protections patrimoniales éventuelles avec la commune

Une palissade dépassant un mètre n'est pas automatiquement soumise à permis : M.2 peut être applicable si ses conditions sont réunies. Inversement, une hauteur inférieure à deux mètres ne prouve pas à elle seule l'exonération. Faites vérifier le type de clôture, sa hauteur et son implantation.

Mur de clôture maçonné : règles plus strictes

Un mur maçonné doit être qualifié séparément d'un grillage ou d'une palissade. La référence à retenir dépend de sa fonction et de sa situation, pas seulement de sa hauteur :

  • Mur de clôture aux abords d'une construction ou d'une installation dûment autorisée : M.5 prévoit un permis d'impact limité sans architecte obligatoire pour les actes entrant dans son champ. Ne pas attribuer automatiquement ce mur à M.3 ni étendre cette conclusion à tout mur, quelle que soit sa situation
  • Clôture légère > 2 m de hauteur : permis d'impact limité (rubrique M.3), sans architecte
  • Mur de soutènement : examiner M.4 et M.5 selon sa hauteur et les conditions de ces rubriques. Sa fonction de retenue des terres et ses exigences de stabilité doivent être distinguées de celles d'une clôture
  • Il n'existe pas de catégorie « muret décoratif dispensé dans tous les cas ». Pour un mur qui délimite la propriété, M.1 ne prévoit que le muret ou la plaque de béton de 1,00 m à la base d'une clôture légère. Les murs qui ne délimitent pas la propriété relèvent de J.6 (1,00 m, visibles du domaine public) ou de J.7 (2,00 m, non visibles), et les murs de soutènement de M.4 ou M.5 ; chaque rubrique a ses conditions, dont, pour M.1, J.6 et J.7, l'absence d'aléa élevé d'inondation

Un mur de soutènement relève de lignes distinctes de la rubrique M : M.4 (moins de 0,70 m de haut : exonéré de permis, sous réserve du chapeau patrimonial de R.IV.1-1) et M.5 (plus de 0,70 m : permis d'impact limité, sans architecte obligatoire). Pour une hauteur d'exactement 0,70 m, le texte ne tranche pas : demandez à la commune. Une modification sensible du relief du sol peut aussi exiger un permis (D.IV.4, 9° ; R.IV.4-3). Consultez votre commune avant de construire.

Portail et portillon : les conditions

Les portails, portillons et portiques délimitant la propriété sont traités par M. Sous M.1, leur hauteur ne peut dépasser deux mètres et ils doivent permettre une large vue sur la propriété. Si cette voie n'est pas remplie, faites qualifier l'accès et examinez notamment M.3 dans son champ, sans étendre automatiquement aux portails une voie prévue pour les clôtures. La motorisation ne suffit pas à déterminer le régime. Vérifiez également l'ouverture sur le domaine public et les prescriptions locales.

Haie vive : plantation libre ou encadrée ?

La plantation d'une haie vive en limite de propriété n'est en principe pas un des actes soumis à permis par le CoDT (D.IV.4) ; en revanche, l'abattage de certaines haies peut l'être (D.IV.4, 11° b) et 12° ; rubrique S de R.IV.1-1). Le seuil de 2 m évoqué ci-dessous n'est pas un seuil d'urbanisme : il vient du Code civil (Livre 3), dont les règles de distance s'appliquent indépendamment du CoDT :

  • Plantation d'une haie : le CoDT ne la soumet pas à permis, quelle que soit sa hauteur ; l'abattage d'une haie peut en revanche l'être (art. D.IV.4, 11° et 12°). Les distances de plantation relèvent du Code civil
  • Code civil, Livre 3, art. 3.133 (qui a remplacé l'ancien Code rural depuis le 1er septembre 2021) : une plantation d'au moins 2 m de hauteur doit se trouver à au moins 2 m de la limite mitoyenne (mesuré depuis le milieu du tronc) ; les autres arbres, arbustes et haies, à au moins 0,50 m
  • Le voisin peut exiger l'élagage de la haie qui dépasse 2 m si la distance minimale n'est pas respectée
  • Certains PCA ou RCU imposent des essences spécifiques (haie mixte indigène, par exemple)
  • En zone protégée (Natura 2000, site classé), des restrictions supplémentaires peuvent s'appliquer

Zones particulières : PCA, lotissement, patrimoine

Même si votre clôture respecte les conditions de dispense (rubriques M.1/M.2), d'autres réglementations peuvent s'ajouter :

  • PCA ou RCU : certaines communes imposent un type de clôture précis (haie vive uniquement, grillage vert doublé d'une haie, interdiction de murs pleins en façade)
  • Cahier des charges de lotissement : des prescriptions sur les clôtures sont fréquentes (matériaux, hauteurs, couleurs)
  • Patrimoine : distinguer bien classé ou assimilé, zone de protection et bien pastillé ; faire préciser les autorisations et avis applicables aux actes projetés, sans déduire le régime du seul mot « protégé »
  • Zone inondable : les clôtures pleines (murs, palissades continues) peuvent être restreintes car elles font obstacle à l'écoulement des eaux

La cause la plus fréquente de conflits de voisinage en matière d'urbanisme concerne les clôtures. Avant de construire, vérifiez non seulement le CoDT mais aussi les servitudes éventuelles et les prescriptions locales.

Clôture temporaire de chantier

Les installations provisoires d'un chantier autorisé peuvent être exonérées de permis aux conditions de P.1 (pendant la durée des travaux, chantier continu, hors zone d'aléa élevé d'inondation). Pour une palissade ou une barrière de chantier, cette rubrique ne les cite pas expressément : vérifiez avec la commune. Elles doivent respecter les règles de sécurité, ne pas empiéter sur le domaine public sans l'autorisation de son gestionnaire et être retirées à la fin des travaux.

En résumé

Pour une clôture en Wallonie, vérifiez séparément M.1 et M.2 : la palissade bois est limitée à un mètre sous M.1, tandis que M.2 ouvre une autre voie jusqu'à deux mètres sous ses conditions de situation. Un mur de clôture aux abords d'une construction ou installation dûment autorisée relève de l'examen de M.5, qui prévoit impact limité et dispense d'architecte dans son champ. Les murs de soutènement ont leurs propres conditions. Les règles civiles, les prescriptions locales et les autres protections restent à vérifier. Faites confirmer votre cas avant de commander l'ouvrage.

Questions fréquentes

Un grillage de 2 m avec des occultants (brise-vue) nécessite-t-il un permis ?

L'ajout d'occultants ne doit pas être déclaré automatiquement neutre, ni automatiquement soumis à permis. Il faut examiner l'ensemble clôture et lamelles ou toile, sa composition et son implantation au regard de M.1 et de M.2, puis de M.3 si applicable. La condition de large vue prévue pour les portails ne doit pas être transposée sans texte à tous les grillages. Faites confirmer la qualification et les prescriptions locales par votre commune.

Peut-on construire un mur de clôture en limite mitoyenne ?

Le CoDT ne fixe pas de distance minimale pour les clôtures par rapport aux limites mitoyennes — la clôture peut être construite sur la limite. En revanche, le Code civil (Livre 3) règle la mitoyenneté : une clôture réalisée sur la limite séparative ou à cheval sur celle-ci est présumée mitoyenne, et entre deux parcelles dont une au moins est bâtie, chaque propriétaire peut exiger que le voisin participe à l'érection d'une clôture mitoyenne (art. 3.106), sauf si une clôture privative existe déjà le long de la limite. Si vous construisez entièrement sur votre terrain (en retrait de quelques centimètres), vous évitez la question de la mitoyenneté, mais les règles urbanistiques restent d'application. En cas de doute, renseignez-vous auprès d'un notaire.

Faut-il un permis pour remplacer une clôture existante ?

Le CoDT ne contient pas de ligne expresse pour le remplacement à l'identique : remplacer une clôture revient à en poser une nouvelle (D.IV.4, 1° et 4°). Elle est exonérée si elle remplit les conditions de M.1 ou de M.2 (hauteur, type, situation, absence d'aléa élevé d'inondation), sinon M.3 (permis d'impact limité) ; vérifiez avec la commune si l'ouvrage existant a été autorisé. Si vous changez le type de clôture (par exemple, remplacer une haie par un mur maçonné) ou si vous augmentez la hauteur, les conditions de la rubrique M s'appliquent et un permis peut être requis si les seuils sont dépassés. Si une haie doit être arrachée, vérifiez aussi que son abattage n'est pas soumis à permis (S.4 à S.6).

Un voisin peut-il m'obliger à poser une clôture ?

Le Code civil (Livre 3, art. 3.106) prévoit qu'entre deux parcelles dont une au moins est bâtie, chaque propriétaire peut exiger de son voisin qu'il participe à l'érection d'une clôture mitoyenne — les frais sont alors partagés à parts égales. Cette règle a remplacé, depuis le 1er septembre 2021, l'ancien régime limité aux « villes et faubourgs ». Elle relève du droit civil, pas de l'urbanisme. Consultez un notaire ou un avocat pour les modalités.

Les piliers de portail sont-ils comptés dans la hauteur de 2 m ?

En principe, la hauteur se mesure au point le plus haut de l'ouvrage. Les piliers de portail qui dépassent 2 m peuvent donc faire basculer l'ensemble dans le régime du permis. En cas de doute, restez sous 2 m pour l'ensemble de l'ouvrage.

Sources officielles consultées

Méthodologie : cet article s'appuie sur les sources officielles ci-dessus (CoDT, Wallex, Moniteur belge, SPW, UVCW) ; ses références réglementaires sont vérifiées et mises à jour régulièrement.

Avertissement : Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis juridique. Il est basé sur le CoDT wallon en vigueur (version consolidée v.49.1, applicable depuis le 1er octobre 2026). Des règlements locaux (PCA, lotissement, RCU) peuvent s'appliquer en plus des règles régionales. Consultez toujours votre administration communale avant de démarrer des travaux.

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