Aller au contenu principal
§ Wallonie· Aide au permis d'urbanisme
Retour au blog
Clôture & mur7 min de lecture

Clôture, mur, portail Wallonie : permis ou pas ? (2026)

Haie, grillage, palissade, mur de clôture, portail : quelles sont les règles en Wallonie ? Découvrez les conditions de dispense de permis selon le CoDT 2026, les hauteurs maximales et les pièges à éviter.

Équipe éditoriale fautilunpermis.be
Revue par un architecte wallon partenaire (HMONP)
·
Basé sur le CoDT wallon v.46.2 (mai 2026)

Poser une clôture, ériger un mur ou installer un portail semble anodin — pourtant, en Wallonie, ces travaux sont encadrés par le CoDT et peuvent nécessiter un permis d'urbanisme si certaines conditions ne sont pas remplies. La rubrique M de la nomenclature R.IV.1-1 (« Clôtures, murs de clôtures, murs de soutènement qui délimitent la propriété ») distingue plusieurs types de clôtures et fixe des seuils précis de hauteur, de matériaux et d'implantation. Voici le guide complet pour savoir si votre projet de clôture est dispensé de permis, basé sur la nomenclature issue de l'arrêté du 10 avril 2025 (en vigueur au 1er mai 2025).

Votre cas précis

Vérifiez en 5 min si votre projet nécessite un permis — gratuit, basé sur le CoDT et votre parcelle.

Faire le diagnostic gratuit

La clôture dans le CoDT wallon : rubrique M

Le CoDT wallon traite les clôtures, murs de clôture et portails qui délimitent la propriété dans la rubrique M de la nomenclature R.IV.1-1 (« Clôtures, murs de clôtures, murs de soutènement qui délimitent la propriété »). Les lignes M.1 et M.2 regroupent les clôtures dispensées de permis d'urbanisme (selon les matériaux et la visibilité depuis la voirie) ; la ligne M.3 couvre celles qui nécessitent un permis d'impact limité (sans architecte obligatoire). Attention : la rubrique J, elle, vise les « aménagements, accessoires et mobiliers » (pergolas, mobilier de jardin…), pas les clôtures.

Conditions pour une clôture sans permis (rubriques M.1 et M.2)

Pour être dispensée de permis d'urbanisme, votre clôture doit respecter simultanément toutes les conditions suivantes :

  • Hauteur maximale de 2 m (mesurée depuis le niveau du sol naturel du côté le plus bas)
  • Matériaux légers autorisés (M.1) : piquets reliés par des fils ou un treillis (avec, éventuellement, une plaque de béton ou un muret ≤ 1 m à la base), piquets et traverses horizontales, palissade en bois, ou gabions (≤ 1 m de haut, 20 cm d'épaisseur). Un mur maçonné plein n'entre pas dans cette liste — voir la section suivante
  • La clôture ne doit pas empiéter sur le domaine public (voirie, trottoir)
  • Elle ne doit pas entraver la visibilité aux carrefours ou à la sortie d'un accès carrossable
  • En zone d'habitat, les matériaux doivent s'intégrer visuellement à l'environnement bâti existant
  • Le terrain n'est pas situé en zone d'aléa d'inondation élevé, ni en zone de protection patrimoniale ou concerné par un bien classé

La hauteur de 2 m se mesure côté le plus bas du terrain. Sur un terrain en pente, la clôture peut donc dépasser 2 m côté amont tout en étant conforme côté aval. En cas de doute, faites vérifier par votre commune.

Mur de clôture maçonné : règles plus strictes

Un mur de clôture en briques, béton ou pierre est soumis à des conditions supplémentaires par rapport à un simple grillage ou une haie. Le CoDT distingue le mur de clôture du mur de soutènement :

  • Mur de clôture maçonné (briques, béton, pierre) : non dispensé — la maçonnerie ne figure pas parmi les matériaux légers de M.1. Il relève en général du permis d'impact limité (M.3), sans architecte obligatoire, quelle que soit sa hauteur
  • Clôture légère > 2 m de hauteur : permis d'impact limité (rubrique M.3), sans architecte
  • Mur de soutènement : dispensé s'il fait moins de 0,70 m (M.4) ; au-delà de 0,70 m, permis d'impact limité (M.5), sans architecte obligatoire. Il reste un ouvrage technique (stabilité) distinct de la clôture
  • Il n'existe pas de catégorie « muret décoratif dispensé dans tous les cas » : seul le muret ou la plaque de béton à la base d'une clôture légère (M.1) est toléré jusqu'à 1,00 m, et uniquement si les autres conditions M.1 sont réunies

Un mur de soutènement n'est pas une clôture au sens du CoDT. Si votre terrain est en pente et que vous devez retenir la terre, les règles applicables sont différentes et souvent plus exigeantes. Consultez votre commune avant de construire.

Portail et portillon : les conditions

Le portail, le portillon ou le portique sont traités dans la rubrique M (et non J). Ils sont dispensés de permis (M.1) s'ils ne dépassent pas 2 m de hauteur et permettent une large vue sur la propriété : un portail plein ou fortement occultant ne remplit pas cette condition et bascule dans le permis d'impact limité (M.3), même sous 2 m. Le portail ne peut par ailleurs pas s'ouvrir sur le domaine public (trottoir ou chaussée). Un portail motorisé n'est pas soumis à un régime urbanistique différent — c'est la hauteur, la transparence et l'implantation qui comptent, pas la motorisation.

Haie vive : plantation libre ou encadrée ?

Planter une haie vive en limite de propriété est en principe dispensé de permis d'urbanisme en Wallonie (ce n'est pas un acte de construction). Cependant, des règles de distance issues du Code civil (Livre 3) s'appliquent indépendamment du CoDT :

  • Haie vive ≤ 2 m : dispensée de permis d'urbanisme
  • Code civil, Livre 3, art. 3.133 (qui a remplacé l'ancien Code rural depuis le 1er septembre 2021) : une plantation d'au moins 2 m de hauteur doit se trouver à au moins 2 m de la limite mitoyenne (mesuré depuis le milieu du tronc) ; les autres arbres, arbustes et haies, à au moins 0,50 m
  • Le voisin peut exiger l'élagage de la haie qui dépasse 2 m si la distance minimale n'est pas respectée
  • Certains PCA ou RCU imposent des essences spécifiques (haie mixte indigène, par exemple)
  • En zone protégée (Natura 2000, site classé), des restrictions supplémentaires peuvent s'appliquer

Zones particulières : PCA, lotissement, patrimoine

Même si votre clôture respecte les conditions de dispense (rubriques M.1/M.2), d'autres réglementations peuvent s'ajouter :

  • PCA ou RCU : certaines communes imposent un type de clôture précis (haie vive uniquement, grillage vert doublé d'une haie, interdiction de murs pleins en façade)
  • Cahier des charges de lotissement : des prescriptions sur les clôtures sont fréquentes (matériaux, hauteurs, couleurs)
  • Bien classé ou zone de protection : toute modification de l'aspect extérieur de la parcelle nécessite un permis, même pour une simple clôture
  • Zone inondable : les clôtures pleines (murs, palissades continues) peuvent être restreintes car elles font obstacle à l'écoulement des eaux

La cause la plus fréquente de conflits de voisinage en matière d'urbanisme concerne les clôtures. Avant de construire, vérifiez non seulement le CoDT mais aussi les servitudes éventuelles et les prescriptions locales.

Clôture temporaire de chantier

Les clôtures temporaires installées pour la durée d'un chantier (palissades de chantier, barrières de sécurité) ne sont pas soumises à permis d'urbanisme. Elles doivent cependant respecter les règles de sécurité et ne pas empiéter durablement sur le domaine public sans autorisation communale. La clôture de chantier doit être retirée à la fin des travaux.

En résumé

En Wallonie, la plupart des clôtures, haies, grillages et portails de moins de 2 m de hauteur sont dispensés de permis d'urbanisme. Les murs maçonnés, eux, relèvent en général du permis d'impact limité (rubrique M.3), à ne pas confondre avec les murs de soutènement (seuil de 0,70 m). Les règles du Code civil (Livre 3 : distances de plantation, mitoyenneté) s'ajoutent aux règles du CoDT. Avant de poser votre clôture, vérifiez les prescriptions locales (PCA, RCU, lotissement) et, en cas de doute, consultez le service urbanisme de votre commune.

Questions fréquentes

Un grillage de 2 m avec des occultants (brise-vue) nécessite-t-il un permis ?

Si le grillage lui-même respecte les conditions de la rubrique M.1 (hauteur ≤ 2 m, pas d'empiètement sur la voirie), l'ajout d'occultants (lamelles, toile brise-vue) ne modifie pas son statut urbanistique. Cependant, certains PCA ou RCU interdisent les occultants en façade côté rue. Vérifiez auprès de votre commune.

Peut-on construire un mur de clôture en limite mitoyenne ?

Le CoDT ne fixe pas de distance minimale pour les clôtures par rapport aux limites mitoyennes — la clôture peut être construite sur la limite. En revanche, le Code civil impose que le mur mitoyen soit construit d'un commun accord entre les deux propriétaires. Si vous construisez entièrement sur votre terrain (en retrait de quelques centimètres), l'accord du voisin n'est pas nécessaire sur le plan civil, mais les règles urbanistiques restent d'application.

Faut-il un permis pour remplacer une clôture existante ?

Le remplacement à l'identique d'une clôture existante (même hauteur, même type) est dispensé de permis. Si vous changez le type de clôture (par exemple, remplacer une haie par un mur maçonné) ou si vous augmentez la hauteur, les conditions de la rubrique M s'appliquent et un permis peut être requis si les seuils sont dépassés.

Un voisin peut-il m'obliger à poser une clôture ?

Le Code civil (Livre 3, art. 3.106) prévoit qu'entre deux parcelles dont une au moins est bâtie, chaque propriétaire peut exiger de son voisin qu'il participe à l'érection d'une clôture mitoyenne — les frais sont alors partagés à parts égales. Cette règle a remplacé, depuis le 1er septembre 2021, l'ancien régime limité aux « villes et faubourgs ». Elle relève du droit civil, pas de l'urbanisme. Consultez un notaire ou un avocat pour les modalités.

Les piliers de portail sont-ils comptés dans la hauteur de 2 m ?

En principe, la hauteur se mesure au point le plus haut de l'ouvrage. Les piliers de portail qui dépassent 2 m peuvent donc faire basculer l'ensemble dans le régime du permis. En pratique, un dépassement modeste des piliers (chaperon ou ornement) est souvent toléré, mais cela dépend de l'interprétation de la commune. En cas de doute, restez sous 2 m pour l'ensemble de l'ouvrage.

Sources officielles consultées

Méthodologie : cet article s'appuie sur les sources officielles ci-dessus (CoDT, Wallex, Moniteur belge, SPW, UVCW) ; ses références réglementaires sont vérifiées et mises à jour régulièrement.

Avertissement :Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis juridique. Il est basé sur le CoDT wallon en vigueur (version consolidée v.46.2, applicable au 25 mai 2026). Des règlements locaux (PCA, lotissement, RCU) peuvent s'appliquer en plus des règles régionales. Consultez toujours votre administration communale avant de démarrer des travaux.

Vérifiez votre situation en 2 minutes

Notre diagnostic gratuit analyse votre projet précis selon les règles exactes du CoDT.

Lancer le diagnostic gratuit
Diagnostic gratuit

§ Cookies — Mesure d'audience

Avec votre accord, ce site utilise Google Analytics et Microsoft Clarity pour mesurer sa fréquentation et améliorer le parcours. Aucun traceur n'est déposé sans votre choix ; le diagnostic fonctionne à l'identique si vous refusez. En savoir plus